Quinze ans, quinze ans déjà que chaque étè je me remets en route vers le Rajasthan…….
Quinze ans que ce pays me fascine, m appelle plus que tout autre.
Depuis le temps il est difhcile de dire ce qui m’ a d’ abord attirée là-bas. peut-être la lumière. Au sortir de la plaine du Gange, liquide de pluie, boueuse de mousson, cette lumière du désert, légère, pure, m’ a émue comme si je touchais soydain la virginité du monde. Le désert ! Je me souviens de ces étendues rocailleuses parcourues de longs troupeaux miraculeux, auréolés de poussière de soleil au couchand doré. Et les bergers enturbannes de rouge, au regaed droit et clair, a la moustache hardie, grandis par leur démarche altière !
Ici, on est loin des foules misérables qui hantent les faubourgs de Calcutta. Ce qui domine, c’est une impression d’harmonie: harmonie de l’homme et de cette terre rude où il a su s’adapter, harmonie de cette vie simple qui se tapit dans les cours ombreuses. Les femmes moulent le grain pour faire des crêpes de millet, barattent le lait ; le sol de terre battue est proper, balayé, les pots luisent, les dessins tracés au doigt sur les murs de pisé ont été refaits; tout est net, accueillant, paisible.
Mais bien d’autres images me reviennent à l’esprit : la lointaine citadelle de Jaisalmer émergeant du désert, et mon étonnement de découvrir, à l’intérieur de ses murailles, la féerie des balcons sculptés, le rafhnement des façades, dentelles de Pierre ocre à faire pâlir de jalousie nos cathédrals. Et tous les autres forts altiers sur leurs pitons dont les pierres évoquent
tant de légends ! Car les pierres seules, fussent-elles magihques, sont bien moins attachantes si elles ne parlent pas a l’imagination. Magnihques, sont bien moins attachantes si elles ne parlent pas à l’imagination. Mais au Rajasthan, quelle fête pour ceux qui aiment les histories, le chevaleresque, l’épique ! Que de glorieuses hgures parmi ces intrépides guerriers rajpoutes au code d’honneur exigeant ! Même Udaipur la douce, la blanche, qui refléte paisiblement ses palais de plaisance dans ses grands lacs fleuris, fut la capitale d’un royaume farouche, sans doute meme le plus intransigeant.
Et les temples ! Mont Abu m’a retenue trois jours prisonnière d’ admiration devant l’exuberance inhnie de ses volutes ciselées, de ses statues de divinités aux formes dansantes, rondes, pleines, aux courbes inhnies de grâce dans le marbre poli, doux, diaphane. Ces myriades myriads de sculptures fourmillent sans que jamais on n’ ait l’impression de surcharge, tant le détail se fond dans l’harmonie d’ un tout sobre et équilibré, pensé en nombres d’ or pour répondre à une vocation sacrée. Et ce n’ est qu’ un paradoxe parmi d’autres,de trouver ces hauts lieux du jaïnisme, religion de la non-violence et du respect de toute vie, dans la patrie des belliqueux Rajpoutes.
Tous les jours, paisiblement, on lave les idoles, on les parfume, les habille, les dècore, les nourrit, au son des clochettes ou des psalmodies. Et l’on retrouve la meme donhomie dans les rituals hindous, fleuris et parfumés. Ici pas de solennité étouffante, pas de convenances qui réduisent au chuchotement : les enfants courent, rient. Les chauffeurs de car klaxonnent en passant pour saluer dieu…..
Partout nous sommes pris par ce dépaysement complet, où tout est curiosité et sollicite le regard : la beauté des femmes, de leurs bijoux, de leurs voiles colorés ; la beauté des homes sous leurs grands turbans ; l’ adresse des artisans qui travaillent sur le pas de leurs minuscules boutiques ou sur le trottoir ; toute l’ émouvante beauté quotidienne de l’Inde, paisible dans la précarité, souriante, familière de regards échangés.
Carle Rajasthan est typiquement, profondément indien par la façon de vivre, les religions, les mœurs ; mais il a aussi, de par son contexte géographique et historique, une personnalité originale et vivace qui le read passionnant aussi bien qu’ attachant. C’est pourquoi cette region, riche en monuments et œuvres d’art, mais aussi en coutumes, legends, fêtes, mérite d’être approchée intimement.
Pour ce faire, j’ ai voulu présenter non seulement ce qu’ il faut voir, mais aussi ce qu’il faut vivre : des sites réputés et bien d’autres lieux encore méconnus quoique remarquables, mais aussi des ateliers d’artisans, des promenades, des ceremonies, des fêtes… avec leurs légends, pour vous aider à mieux pénétrer ce paya et sa civilization.
Ainsi j’ ai cherché à rendre l’atmosphère particulière de chaque ville, à retracer ses grandes étapes historiques pour comprendre ses aspirations et son evolution jusqu’à nos jours, et à exposer ses intérêts touristiques sans délaisser la vie quotidiennr.
Le guide vous propose aussi de nombreuses excursions pour sortir des villes, parfois fatigantes, et découvrir les villages qui constituent l’Inde profonde. Des familles rajpoutes ouvrent quelques chambers aux touristes dans leurs vieux châteaux. Jen e saurais trop vous conseiller de vous arrêter dans l’un ou l’autre de ces lieux pour conjuguer le plaisir d’un accueil à la hauteur de la réputation rajpoute avec l’intérêt des excursions dans les villages où se perpétuent les traditions familiales et artisanales.
Pour faciliter ces approaches, des informations pratiques, mises à jour et personnellement vérihées récemment, sont rassemblées à la hn du livre. Les degrees d’ intérêt des diverses visites sont également notes pour vous aider à faire vos choix.
Je serais très heureuse de recevoir de nouvelles suggestions d’adresses ou des impressions de la part des voyageurs pour enrichir les renseignements pratiques. (A envoyer à mon nom aux Editions Olizane.)
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